1 maraude, 10 douaniers et un bébé…

Samedi 10/03/18, Montgenèvre aux alentours 21h,

Une maraude ordinaire comme il s’en passe tous les jours depuis le début de l’hiver.

Au pied de l’obélisque une famille de réfugiés marche dans le froid. La mère est enceinte. Elle est accompagnée de son mari et de ses deux enfants (2 et 4 ans). Ils viennent tout juste de traverser la frontière, les valises dans une main, les enfants dans l’autre, à travers la tempête.

Nous sommes 2 maraudeurs à les trouver, à les trouver là, désemparés, frigorifiés. La mère est complètement sous le choc, épuisée, elle ne peut plus mettre un pied devant l’autre. Nos thermos de thé chaud et nos couvertures ne suffisent en rien à faire face à la situation de détresse dans laquelle ils se trouvent. En discutant, on apprend que la maman est enceinte de 8 mois et demi. C’est l’alarme, je décide de prendre notre véhicule pour l’ emmener au plus vite à l’hôpital. Dans la voiture, tout se déclenche. Arrivés au niveau de la Vachette, elle se tord dans tous les sens sur le siège avant. Les contractions sont bien là… c’est l’urgence. J’ accélère à tout berzingue. C’est la panique à bord. Lancé à 90km/h, j’ arrive à l’entrée de Briançon…et là, barrage de douane.

Il est 22h. « Bon sang, c’est pas possible, merde les flics ! ». Herse au milieu de la route, ils sont une dizaine à nous arrêter. Commence alors un long contrôle de police. « Qu’est ce que vous faites là ? Qui sont les gens dans la voiture ? Présentez nous vos papiers ? Ou est ce que vous avez trouvé ces migrants? Vous savez qu’ils sont en situation irrégulière !? Vous êtes en infraction !!! »… Un truc devenu habituel dans le briançonnais. Je les presse de me laisser l’emmener à l’hôpital dans l’urgence la plus totale. Refus ! Une douanière me lance tout d’abord « comment vous savez qu’elle est enceinte de 8 mois et demi ? » puis elle me stipule que je n’ai jamais accouché, et que par conséquence je suis incapable de juger l’urgence ou non de la situation. Cela m’exaspère, je lui rétorque que je suis pisteur secouriste et que je suis à même d’évaluer une situation d’urgence. Rien à faire, la voiture ne redécollera pas. Ils finissent par appeler les pompiers. Ces derniers mettent plus d’une heure à arriver. On est à 500 mètres de l’hôpital. La maman continue de se tordre sur le siège passager, les enfants pleurent sur la banquette arrière. J’en peux plus. Un situation absurde de plus.

Il est 23h passés, les pompiers sont là…ils emmènent après plus d’une heure de supplice la maman à l’hosto. Les enfants, le père et moi-même sommes conduits au poste de police de Briançon à quelques centaines de mètres de là. Fouille du véhicule, de mes affaires personnelles, contrôle de mon identité, questions diverses et variés, on me remet une convocation pour mercredi prochain à la PAF de Montgenèvre. C’est à ce moment-là qu’on m’explique que les douaniers étaient-là pour arrêter des passeurs. Le père et les deux petits sont quant à eux expulsés vers l’Italie. Pendant ce temps-là , le premier bébé des maraudes vient de naître à Briançon. C’est un petit garçon, naît par césarienne. Séparé de son père et de ses frères, l’hôpital somme la PAF de les faire revenir pour être au côté de la maman. Les flics finissent par obtempérer. Dans la nuit, la famille est à nouveau réunit.

La capacité des douaniers à évaluer une situation de détresse nous laisse perplexe et confirme l’incapacité de l’État à comprendre le drame qui se trame à nos maudites frontières.

Quand à nous, cela nous renforce dans la légitimité et la nécessité de continuer à marauder…toutes les nuits.

Signé : Un maraudeur en infraction.

Rendez-vous Mercredi 14 mars à 9h à la PAF de Montgenèvre pour soutenir le camarade maraudeur convoqué.

Lettre d’infos mars 2018 – frontière briançonnaise

Bonjour,
voici une lettre d'information collective publiée depuis les alentours
de la frontière Briançonnaise.

LETTRE INFOS1mars2018printVDEF-1
"EST CE QUE NOUS SOUHAITONS NOUS TAIRE ?" ...
Depuis des lieux de vie et d’accueil, non loin des postes-frontière. Il
nous faut maintenant sortir de notre mutisme douloureux, sortir d’une
indéfinition qui participe à rendre invisible ce que vivent à cette
frontière les premièrEs concernéEs et d’autres, témoins et acteurs.

Cette lettre est vouée à être diffusée le plus largement possible. Si
vous souhaitez vous en saisir, allez y ! Si vous souhaitez relayer dans
vos réseaux, dans vos journaux, dans vos radios, allez y !

Bonne lecture.
--
L'intercollectif qui ne souhaite pas se taire

 

13 mars – Mobilisation contre l’expulsion du CHUM

Depuis le 9 septembre 2017, le Centre d’Hébergement d’Urgence de Mineurs exilés (CHUM) de Veynes a accueilli plus d’une centaine de jeunes arrivant de la frontière italienne, car ni le Conseil Départemental ni l’État n’ont eu la volonté de mettre en place des dispositifs d’hébergement suffisants, pourtant de leur responsabilité ! Face à ces lamentables moyens institutionnels, ce lieu occupé et autogéré veut montrer qu’un accueil digne et réactif est possible.

Le 13 mars aura lieu à Gap, le procès d’expulsion du CHUM (tract ici : tract13mars) : ce lieu autogéré, organisé par des gens qui demandent à minima que les institutions respectent la loi, et qui proposent beaucoup mieux qu’elles. Ce procès, c’est la seule réponse officielle de l’État face à nos dénonciations, et l’on voit que pour protéger ses remparts, le rouage est huilé : huissiers, traitement des demandes d’expulsion, dans ce sens cela fonctionne bien ! Fait de briques et de brocs, le CHUM est un lieu de vie, de passage, d’échange, d’entraide qui répond à l’urgence constante et à un besoin criant d’humanité.

Au quotidien, écœuré par cette triste politique, le CHUM est rythmé de récups, de dons, de permanences médicales, d’accompagnements juridiques, de moments de partage, de visites prévues ou spontanées qui font du bien. Il continue à vivre, malgré nos gros cernes qui nous empêchent d’oublier cette triste réalité.

MOBILISONS NOUS POUR DÉFENDRE CE LIEU D’ACCUEIL SOLIDAIRE ET CONTINUONS À DÉNONCER LA POLITIQUE ANTI-MIGRATOIRE DE L’ÉTAT FRANÇAIS !!!!

  • RDV 9h30 devant le tribunal de Gap pour un petit déjeuner déterminé, avant le début du procès d’expulsion prévu à 10h30
  • Prises de paroles et discussions autour de la sale politique d’accueil des exilé-e-s par l’État français. Focus particulier sur les très difficiles prises en charge des soins et de la scolarisation des mineurs exilés dans les Hautes-Alpes
  • Et à midi : cantine collective devant le parvis du Conseil Départemental pour lui rappeler ses obligations d’accueil digne des mineurs exilés

Le collectif de soutien au CHUM

Pour être informé-e-s des avancées et des besoins du CHUM

inscrivez-vous à notre liste de diffusion (mail à chum-veynes@riseup.net)

ou appelez le 07 58 43 01 00

ou venez directement au CHUM : la « maison des chefs de gare » est située 23 avenue des Martyrs à Veynes (rond-point direction Grenoble, 300m à gauche)

 

08/01 Darmanin à Briançon: RDV 8H30 MAISON CRS

Darmanin, ministre de l'action et des comptes publics se pointe à la
maison CRS demain lundi matin!
Il est inacceptable que les bourreaux de nos amis sans papiers ramènent
leur costard et leur projet de société nauséabond en ces lieux.
Après la circulaire dégueulasse du ministre de l'intérieur concernant les
demandeurs d'asile, comment pourrions nous laisser pénétrer ce jeune
sarkozyste dans ce lieu de lutte et d'accueil.
Ne soyons pas dupe, l'Etat a désormais choisi d'absorber des lieux comme
la CRS pour pouvoir en faire des centres de tris. Les laisser pénétrer
c'est accepter cette logique, ce serait nous rendre co-gestionnaire de la
politique migratoire du gouvernement.

Retrait des forces de l'ordre des frontières!
Liberté de circulation pour tous et toutes!

Comité d'accueil:
RDV à partir de 8h30 devant la maison CRS à Briançon (en face de la gare)

07/01 Clavière-Montgenèvre: Marcher pour briser les frontières

REPORTE AU DIMANCHE 14 JANVIER (mauvaises conditions météo)

RDV: Clavière à 11heures sur le parking en bord de nationale.

Cette année la Val de Suse a vécu une situation assez paradoxale. Tous les jours dizaines de personnes essaient de franchir les frontières de l’Etat à travers ses montagnes et ses cols, pour arriver là où ils voudraient construire un futur, malgré nombreux risques. Les frontières, ouvertes pour marchandises et touristes, comme prévu dans le projet inutile et nocif du Tav, sont -au contraire- fermées pour les personnes pauvres, forçant ainsi les migrants à parcourir des sentiers dangereux et potentiellement mortels.

Tandis que les passages entre Italie et France sont croisés par milliers de skieurs, les militaires et les gendarmes continuent à bloquer et à rejeter ceux qui ne sont pas nés dans le bon lieu du monde pour pouvoir voyager librement, insouciants des conditions climatiques extrêmes.

On ne veut pas attendre le silence de devoir enterrer des migrants aussi dans nos montagnes. 

Les frontières doivent être ouvertes, tout de suite !

(traduit de l’italien)

 

Concerts soutien au CHUM de Veynes – 18 décembre 19h à l’auberge de la Tour

Venez fêter les 3 mois d’occupation du CHUM de Veynes !! Et soutenir la lutte pour un accueil digne de tous et toutes les exilé-e-s ! Avec ce temps hivernal, les jeunes CHUMINOTS ont besoin de nous !!

C’est à l’Auberge de la Tour (St Pierre d’Argençon), à partir de 19h le lundi 18/12, avec des concerts de

LOVATARAX (cold wave, grenoble – https://lovataraxx.bandcamp.com/)
TRAINEE (post électro, lyon-sté – https://soundcloud.com/trainee-band)

puis un set de DJ Bullélectro pour clôturer une soirée qui s’annonce mémorable !

Miam-Miam et Glou-Glou sur place, tout à prix libre en soutien au CHUM

Tu viens ou tu crains !

Ah oui, on cherche aussi des familles d’accueil pour les jeunes en recours, manifestez vous ! Voir l’appel ici : appelfamillesaccueil_dec17_VF
Et on vous invite toujours à nos assemblées générales hebdomadaires du lundi soir 19h au CHUM (sauf le 18/12 donc !)

Col de l’Echelle: L’hiver est là, les guides assurent…

Migrants : les guides alpins alertent sur les dangers de la traversée en montagne

Après avoir traversé la Méditerranée, certains migrants originaires d’Afrique de l’Ouest sont de plus en plus nombreux à tenter de franchir les Alpes pour rejoindre la France. Au péril de leur vie. Sans équipement et craignant les forces de l’ordre postées en montagne , ils seront bientôt confrontés aux rigueurs de l’hiver en altitude. Plusieurs associations de montagnards appellent les autorités à sauver ces candidats à l’asile. Le point avec Yannick Vallençant, président du syndicat professionnel de la montagne et vice-président fondateur de Guides sans frontières.En août dernier, deux migrants ont fait une chute au col de l’Echelle (Hautes Alpes), en tentant d’éviter la police. Celle-ci patrouille dans la montagne, sur les routes de migration des réfugiés africains. D’autres migrants ont eu les doigts et les orteils amputés en raison des gelures. Le manque d’équipement, la persécution policière, les conditions météorologiques rudes en montagne mettent en péril la santé et la vie de ces candidats à l’asile.

A la veille de l’entrée dans l’hiver et face à cette inquiétante situation d’ordre humanitaire, un groupe de professionnels de la montagne a décidé d’écrire au Président de la République, Emmanuel Macron. Dans ce courrier, ils dénoncent « la situation dramatique qui affecte des groupes de migrants au passage des frontières alpines dans les secteurs du Mercantour, de Briançon et de Modane ». Le froid, l’altitude… « Aux difficultés et aux risques inhérents à l’évolution en terrain de montagne s’ajoutent la crainte de croiser et la volonté d’échapper par tous les moyens aux forces de police », poursuivent les signataires.

Gelures, hypothermie, accidents

La montagne est dangereuse. Toute l’année, « même lorsqu’on est équipé de 4 couches de vêtements, de chaussures techniques et qu’on est entraîné, c’est dangereux. Et en hiver tout se complique », souligne Yannick Vallençant. Outre le mal des montagnes qui peut affecter différemment les personnes, le froid augmente aussi à ces hauteurs. Le col de l’Echelle se situe à 1 700 m d’altitude. En montagne, « on perd facilement 1°C tous les 100 m », précise-t-il.

« Dernièrement nous avons eu autour de -7°C, mais cela peut facilement descendre à -15°C et parfois -20°C en hiver », soulève-t-il. Le risque de gelures, entrainant jusqu’à l’amputation, est réel. Sans parler de l’hypothermie qui peut provoquer la mort. Les migrants, absolument pas équipés (certains traversent en espadrilles) souffrent d’une fatigue supplémentaire due à un état de santé déjà détérioré au cours de leur parcours et des conditions de leur transit. En outre, la plupart viennent de pays chauds…

Enfin, la montagne en hiver expose à des risques d’avalanches et de chutes dans les ravins. « En particulier si l’on s’écarte des chemins balisés », note Yannick Vallençant. « Ce que les forces de l’ordre les obligent à faire par leur seule présence. »

L’esprit de cordée

Habités de l’esprit de cordées synonyme de missions de sécurité, de secours et de solidarité, les signataires de la lettre estiment « impensable de laisser les migrants à leur sort ». C’est « le sens même de notre métier de guide d’assurer la sécurité de tous en montagne, sans discrimination ».« Nous souhaitons que les responsables politiques prennent conscience de la réalité du terrain », poursuit-il. Pour ce faire, « nous leur proposons de venir personnellement se rendre compte sur place des risques très concrets encourus ».

Le 17 décembre prochain, une caravane de secours sera installée dans la vallée de la Clarée. Ouverte à toutes et tous, « elle permettra d’avoir une vision claire des réalités de l’un de ces parcours à hauts risques ».

Soutien CHUM : Gala de Solidarité Samedi 18 Nov 17h à La Batie Montsaléon

Attention un événement à ne pas manquer ! Faites tourner à tous vos contacts !

A la Bâtie-Montsaléon on organise une vente aux enchères de bienfaisance en soutien au CHUM de Veynes.

Cet événement mondain est prévu le SAMEDI 18 Novembre à la Salle de la Mairie de La Bâtie-Montsaléon, à partir de 17h00, avec au programme :

  • 17h Ouverture des portes et projection du documentaire solidarité migrants
  • 17h30 Début de la vente au enchères, dirigée par M. Adrien Célestin de la Motte, le célèbre commissaire-priseur des stars (3e divorce du sosie de Johnny halliday entre autre…)
  • 19h30 Repas gastronomique local du terroir de bien d’ici.
  • A partir de 21h30 préparez vous à la fièvre du samedi soir avec notre Dj Roro Gigi 2000 !!!

Entrée et repas à prix libre.

Tous les bénéfices de la soirée iront dans la caisse du Centre d’Hébergement d’Urgence pour Mineurs de Veynes qui occupe depuis plusieurs mois le 23 rue des Martyrs à Veynes et y organise un accueil autogéré et solidaire des mineurs exilés.

Attention ! Tenue correcte exigée !

14-15/10 Veynes: Le CHUM ouvre ses portes

Depuis plus d’un mois déjà, le Centre d’Hébergement d’Urgence pour Mineurs exilés (CHUM) a été ouvert à Veynes dans un bâtiment public (abandonné depuis une dizaine d’années), qui a été activement rénové et meublé par des dizaines de personnes solidaires de la vallée du Buëch et au delà.

Plusieurs dizaines de jeunes mineurs ont déjà été accueillis, nourris et logés au CHUM, du fait de leur non prise en charge (obligatoire pourtant !) par le Département des Hautes-Alpes, qui préfère utiliser son argent (qui est le notre en fait !) pour les stations de ski et des courses cyclistes et automobiles plutôt que de faire preuve d’un minimum d’humanité en accueillant décemment ces jeunes migrants qui ont traversé les pires galères pour demander un refuge ici.

Aujourd’hui, n’en déplaise au maire de Veynes, René Moreau (qui a quand même essayé de nous couper l’électricité la 1ère semaine, merci pour l’accueil !), le CHUM est un lieu d’accueil parfaitement décent et confortable pour les mineurs exilés, qui se retrouveraient à la rue sans cette solution solidaire et auto-gérée. Et les habitant-e-s de Veynes et de la vallée ont répondu au rendez-vous pour les travaux, l’accompagnement administratif et juridique des jeunes, les cours de français, des activités diverses et variées… Une présentation plus complète du CHUM est disponible en PJ.

 

Élargissons cet élan solidaire à l’occasion des portes-ouvertes du CHUM les 14 et 15 octobre prochains !

 

C’est l’occasion de se rencontrer, expliquer le fonctionnement de la maison d’accueil et les possibilités d’implications volontaires, discuter de la situation des migrations et de la responsabilité géopolitique de la fRance, partager un bon repas multi-culturel, faire la fête…

 

Une petite idée du programme (voir aussi affiche en PJ) :

  • Ouverture des portes le samedi et le dimanche à partir de 14h / Visites guidées de la maison en continu / Chantier enduits et déco
  • Samedi après-midi : pétanque, mölky, palet… jeux quoi !
  • Samedi 18h : Discussions sur les migrations et la situation haute-alpine
  • Samedi 20h : Repas partagé de spécialités africaines
  • Samedi 21h-23h : Boeuf musical, appel à tous les musicien-ne-s motivé-e-s !
  • Dimanche après-midi : tournoi de foot sans frontières / Projections de films pour petits et grands

Venez nombreux-ses et faites tourner l’info ! La solidarité n’a pas de frontières !

Les Chum’minot-tes, habitant-e-s solidaires des Alpes-du-Sud

La « maison des chefs de gare » est située au 23 avenue des Martyrs à Veynes (rond point direction Grenoble, 300m à gauche)

Contacts : 

07 58 43 01 00

chum-veynes@riseup.net

05/10 Gap: Retour dans le futur

Le 5 Octobre à Gap…

Pourtant il pleuvait pas….
Pas évident de retourner sur cette place quatre mois après, un p’tit
goût amer de retour en arrière… Puis de belles retrouvailles et des
doutes persistants… puis on sait rien, on tente vaille que vaille de
jouer, de parler, de monter dans les arbres, de revendiquer et de faire
signer des pétitions…
Puis y a eu une belle bouffe, des arrivées et des départs au conseil
général, puis faut attendre deux heures, le doute… y aura pas grand
chose… se sentir juste incapable… pas capable…  pas évident de
donner des chiffres, pas évident de comprendre tout, pas évident de les
rassurer. Certains seront pris en charge, mais on parlera évidemment de
courts termes, pas  de longs termes, on parle de jours et pas de mois…
et si c’était moi?
Je revois ce jeune homme qui part de cette place en pleur, il veut aller
à paris… Puis quelques minutes plus tard cette police qui débarque et
enlève nos tentes…
Que dire de plus…

Tourne manège !
Youpi ! Une fois encore nous nous sommes donné rendez vous au « Théâtre
des institutions » ! Avec un nom aussi foireux fallait qu’on soient
vachement motivé-es ! Sur cette place bordé par la préfecture, le
conseil général, le tribunal et l’église on essai de participer à la
foire ! Les attractions sont variées : Le foot inter-espèces
(canines/humanoïdes) ! Le swing-pétanque ! Le tipi-élagueur ! La
farandole de ballons et messages subliminaux ! L’ambiance et la
tambouille sont délicieuses, la bière est fraîche, la musique est
bonne…Mais les attractions à gros budgets attirent finalement la
foule…  Une fois encore les jeunes prennent leurs tickets pour le
« drôle de jeu » du conseil général où leurs vies vont se jouer ! Une fois
encore le préfet nous offre « Le spectacle de la ronde des perdreaux » et
autres oiseaux d’malheurs ! Une fois encore la fête tourne au vinaigre
quand les jeunes perdent au « drôle de jeu » car les règles en étaient
truquées…et qu’on le savais ! Puis quand pour finir, une fois encore,
la foule quitte la place la tête basse sous le regards des corbeaux
préfectoraux…
C’est pas grave…On rviendras…Et on jouera pas avec les tricheurs !

De la science fiction ?  Et oui, c’est la réalité !!!
Nous savions que jouer avec ceux qui font les règles n’est pas
conseillé….  vas-y vas qu’ils lâchent encore 3 miettes de plus que le
mois dernier : aujourd’hui 54 mineurs « mis a l’abri » (dans quelle
circonstances?) au lieu de 51. << Mais c’est la folie !!!! Il ne
faudrait pas trop les faire chier ils ont fait un effort…. et puis y’a
du monde à nourrir >>, évidement, nous faisons leur soit disant « boulot »
(que l’on ferait avec un tel plaisir si ils n’étaient pas sans arrêt à
notre cul) tellement bien que le conseil général envoi (santé!!!)
impunément une vingtaine de jeunes dans un squatte (illégal), donc pas
de prise en charge que se soit ! Puis pour manger… bah… on s’en tape
quoi !!!
Bon, maintenant qu’est-ce qu’on fait, face aux flics qui viennent nous
faire chier pour éviter qu’on fasse chier ? Bah chacun rentre chez soi,
dans sa soie ?

Et pour toi ? Tu nous racontes c’était comment ?!